Jean SERRIERE

Jean Serrière est né le 26 février 1893 à Nancy ; en 1900 il vient à Paris pour y faire ses études, puis, se refusant à entrer à l'Ecole des Beaux Arts dont l'enseignement ne correspondant pas à ce qu'il recherchait, il va peindre à la Palette, rue du Val-de-Grâce, atelier indépendant où professaient J .-E. Blanche, Desvallières, Cottet, Laprade ; ensuite il fréquente l'Académie Lejeune à Montparnasse où il connaît Guindet, Gromaire, Dubreuil ; il a travaillé aussi avec le décorateur Karbowsky.

Jean Serrière fut attiré, après la guerre de 1914, par la dinanderie cuivre et argent martelé - et vers 1922, il fait des meubles qu'il expose au Pavillon de Marsan. Son inépuisable curiosité, et sans doute le contact du peintre avec le métal, l'incitent à étudier les émaux à la technique desquels il s'initie par la lecture d'ouvrages spécialisés ; vivant à la campagne, il y construit son premier four à coke. Son œuvre d'émailleur commence.

Depuis 1921 il expose au Salon des Artistes décorateurs, dinanderie et ensuite ses premiers émaux, alors que le peintre est toujours présent au Salon d'Automne. En 1922 une Bourse de voyage lui est attribuée ; aux expositions de 1925 et de 1937 il obtient prix et diplômes. De 1920 à 1933, il participe aux expositions permanentes chez Hébrard avec Metthey, Marinot, Degas, Bourdelle, Pompon, etc. Jean Serrière qui a des œuvres dans de nombreuses collections particulières et dans les musées de France et de l'etranger, est Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1938.

Si Jean Serrière apparaît tel le maître de l'émaillerie contemporaine il ne faut point oublier la diversité de ses dons. toujours demeuré peintre, le meuble et surtout la dinanderie, ont été marqués par sa personnalité. Aucune formation spécialisée n'est intervenue dans son orientation, vers l'émail. une suite de recherches, d'expériences lui ont révélé les secrets d'un métier aussi précis que rigoureux.

Du jour où il s'est consacré à cet art, il a conçu ses émaux en fonction de la matière qu'il choisissait comme son nouveau mode d'expression. Traitant rarement le paysage, il compose des scènes inspirées de l'antiquité et des sortes de féeries où, dans la splendeur dense, complexe et foisonnante des couleurs, apparaissent des figures qui rappellent Monticelli mais surtout d'admirables natures mortes dont les « objets » sont réduits à de profondes et sensibles résonances, aux colorations généreusement harmonisées.  Observateur attentif et amusé de la gent animale Serrière, pour garder leur pureté linéaire à ses canards, oiseaux ou gazelles qui parfois évoquent la précision de Pisanello, adopte, pour ces thèmes, la technique du cloisonné.

On dessine au fil de cuivre ou d'argent, on modèle avec la main. Coloriste autant qu'habile technicien Jean Serrière laisse souvent apparaître les tons roux de la plaque de cuivre que le « fondant » adoucit jusqu'à des roses ambrés.

Il sait jouer avec l'art de l'opacité ou de la transparence de cette poudre de verre colorée aux oxydes métalliques que la chaleur du four, au cours de six ou sept brèves cuissons, va fondre, mêler, transposer, et d'où naîtra la mystérieuse et inaltérable beauté de la plaque émaillée.

Il semblerait que Jean serrière soit décédé le 20 décembre 1968 à Paris dans la 14ème arrondisement. Il était alors âgé de 75 ans ( Information apportée par V.TIFFAGOM dans notre Forum ).

 

Sources : Mobilier et Decoration N°5 Juin 1954

 

 

 

 

6 avril 2004 : "A quelle date est mort Jean Serriere ? Nous souhaiterions le citer dans la prochaine édition del'Encyclopédie QUID.  Avec nos remerciements  V. DUCRET"

     28 avril 2004, par Virginie Tiffagom : "Jean serrière est mort le 20 décembre 1968 à Paris dans la 14ème arrondisement. Il était alors âgé de 75 ans.  V.TIFFAGOM."

 

21 mars 2004, par THURIN Alain :"Bonjour cher Monsieur, Je me permets de m'adresser à vous afin d'obtenir une précision concernant les émaux. Pouvez-vous me dire quelle est la différence entre une peinture émaillée et un émail ? Je vous remercie bien vivement par avance de votre réponse. Salutations. A. THURIN"