Jean ROYERE

(1902-1981)

Jean Royère est né le 3 juillet 1902 à Paris, d'un père breton et d'une mère lorraine ; tous deux grands voyageurs et de forte culture artistique. Il termine à Cambridge des études peu brillantes faites dans divers collèges parisiens.

Aucun enseignement d'art ni aucunes connaissances techniques. Il passe cinq ans au Havre s'occupant d'affaires d'exportation et commence à faire de la décoration en amateur. Puis à 29 ans, en 1931, il renonce à une situation brillante pour entreprendre sa carrière de décorateur. Il accomplit un stage de deux années dans une fabrique de meubles pour s'initier au métier et en 1933 il réalise une des grandes brasseries des Champs-Élysées.

En 1934, il entre chez Gouffé, qui reste pendant huit ans son éditeur et le fait exposer en 34 au Salon d'Automne et en 35 à celui des Artistes Décorateurs. Depuis il n'a cessé de participer à toutes les grandes expositions en France et à l'Étranger ; à l'Exposition Internationale de 37, Il avait 22 stands. Partout il obtient la série des habituelles récompenses. Dès après la guerre, il fut le premier décorateur français à essayer de fonder des maisons de décoration à l'Étranger et d'y défendre le renom français.

Il ouvre une maison au Caire en 46, à Beyrouth en 47. Il réalise en ces pays d'Importantes installations officielles ,et privées : Consulat de France à Alexandrie, Résidence d'été de l'Ambassade de France au Liban et exécute des travaux dans la plupart des pays du Moyen-Orient, en particulier pour le roi Séoud d'Arabie et l'ex-roi Farouk. Jean Royère se manifeste par des activités à Paris, en province, en Angleterre, Belgique, Hollande, Suisse, Suède, Amérique du Sud, U.S.A. et en Finlande où il a décoré la Légation de France.

L'oeuvre de Jean Royère est à son image : celle d'un fantaisiste. Sans aucune formation spécialisée il est devenu décorateur parce que l'aventure l'amusait ; il a voulu cette aventure sans principes sans règles ; il l'a entreprise avec une sorte de passion ; le mauvais élève est devenu un travailleur acharné qui a étendu son champ d'action à peu près aussi loin que l'avion, qui permet de ne pas perdre une minute, pouvait l'entraîner.

Mais il ne s'est pas contenté de porter ses conceptions hors de nos frontières ; il a enregistré la leçon d'habitudes. de techniques nouvelles, souvent mal connues en France, a su les assimiler et sa curiosité toujours en éveil s'est enrichie de ces multiples expériences.

Il y a un style Jean Royère marqué d'abord par l'utilisation de matériaux les Plus variés : il en use suivant l'occurrence, tout en s'accordant avec la personnalité et les habitudes du « client » : bois, bambou, liège, métal laqué, paille et fleurs d'herbiers ; il a même fait des meubles en briquettes et tendu des Plafonds et murs en tissu éponge ! mais cette fantaisie connaît,quoi qu'il en dise,si ce n'est des lois au moins des préférences.

Jean Royère ne conçoit guère de meubles isolés, mais ordonne d'abord le cadre architectural très rythmé et dépourvu de décors et où les tableaux sont rarement prévus ; il leur préfère les tissus aux couleurs vibrantes et très ornés. La cheminée trouve toujours, avec des solutions amusantes, Place dans ses Pièces et les luminaires légers, aux multiples branches métalliques se dressent, telle une curieuse flore.

Les intérieurs réalisés par Jean Royère sont gais, jeunes et pleins d'innovations imprévues.

 

Sources : Mobilier et Decoration N°2  de 1954