André PRESTON

André Preston est né à Paris, le 4 juin 1892, d'une famille d'artistes : son père était ingénieur-architecte. Doué pour le dessin et ayant tout jeune manifesté un goût pour la décoration, il entre en 1907, comme élève, chez Jémont, grand ébéniste de l'époque où il étudiera et pratiquera toutes les spécialisations du métier ; de l'ébénisterie à la ciselure et à la dorure.

Après son service militaire et la guerre il entre, en qualité de collaborateur, chez le décorateur Robert Poulet, puis dirige la succursale parisienne de Majorelle .

En 1932, il s'établit à son compte et réalise des installations de magasins et la décoration intérieure d'appartements à Paris et de villas en province. Sociétaire des Artistes décorateurs depuis 1926 et secrétaire du Bureau de la Société depuis 1952 il a commencé à exposer aux Salon des Artistes Décorateurs après la Libération et régulièrement à ceux des Arts Ménagers.

L'Etat lui a acheté bahuts et mobiliers de salon et commandé 80 chambres pour le Foyer des Lycéennes du Ministère de l'Education Nationale. Preston a reçu les plaquettes de la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie, le Prix des membres honoraires de la Société des Artistes Décorateurs et au Salon des Décorateurs de 1953, axé sur l'hôtellerie, le Prix du Touring Club de France. Il a été en outre membre fondateur de l'Union des Artistes Décorateurs Créateurs d'ensembles.

André Preston a conservé de sa formation première le goût de la belle ébénisterie et des raffinements techniques traditionnels. Il aime les bois exotiques et les bois de pays, de préférence clairs. Il croit à la valeur décorative de la marqueterie mais conçue selon l'esthétique moderne. il enrichit volontiers ses meubles de bronze doré ou oxydé mais lui assigne moins un rôle ornemental que de protection. listels, sabots, entrées de serrures, etc. Bien qu'il soit convaincu de la nécessité pour le décorateur, d'intervenir dans l'ordonnance architecturale de la demeure et qu'il conçoive ses meubles en fonction de cette ordonnance, il aime le meuble pour lui-même et entend lui conserver sa valeur individuelle et d'œuvre d'art.

Si par goût Preston préfère les meubles de qualité voire de luxe, parfois recouverts de tapisserie dont les cartons lui sont fournis, aussi bien que ceux des tapis, par Mme Preston, le problème du meuble de série l'intéresse et il a donné tous ses soins à la réalisation en équipe - avec Jacques Dumond, Lesage, Caillette et Hitier des chambres pour le Foyer des Lycéennes. Depuis la couleur des murs, les meubles, jusqu'au choix des tissus, ils ont conçu tous les éléments de ces chambres « fonctionnelles » mais ils ont tenu à créer - malgré l'économie des moyens - une atmosphère harmonieuse, colorée, aimable qu'André Preston estime primordiale, dans l' œuvre du décorateur, quelle que soit la rigueur ou la somptuosité du problème à résoudre. Traditionnel dans ses goûts, Preston apprécie les matériaux synthétiques et les techniques nouvelles qui souvent simplifient le travail, sont économiques et concourent à l'agrément et à la solidité du meuble.

 

Sources : Mobilier et Decoration N°5 Juin 1954